Repenser le recrutement à l’heure de l’IA

L’IA s’invite au cœur des pratiques de recrutement. L’intégrer sans affaiblir la qualité des décisions et la force du lien humain suppose d’effectuer des choix avec soin : qu’automatiser, sur quoi garder la main, à quelles conditions ?
En novembre 2022, OpenAI met en ligne ChatGPT. En quelques jours, l’outil franchit le cap du million d’utilisateurs, et l’IA générative devient un réflexe de travail dans de nombreuses fonctions. Le recrutement figure parmi les domaines où cette bascule est la plus rapide : en 2024, selon une étude du BCG, près de sept entreprises sur dix qui expérimentent l’IA l’ont déployée dans les métiers des ressources humaines, en premier lieu en recrutement. De fait, la promesse est attractive : absorber des volumes de candidatures devenus difficiles à traiter manuellement, accélérer le processus, améliorer le ciblage des candidats – et faire gagner du temps aux recruteurs.
Mais l'adoption de l'IA en recrutement soulève des questions qui dépassent la simple technologie. La valeur d'un recrutement ne se mesure pas seulement à sa rapidité et à son coût. Elle repose aussi sur la qualité du jugement porté sur les candidats, sur la pertinence des critères de sélection et sur l’image employeur créée auprès des candidats. Or l'IA peut tout autant fragiliser ces dimensions qu’elle peut les renforcer. Des échecs médiatisés, comme l’abandon par Amazon d’un outil qui défavorisait les candidatures féminines, ont rappelé que les algorithmes ne sont pas exempts de biais : ils peuvent au contraire les systématiser et les amplifier. Et, du côté des candidats, l'opacité de processus automatisés peut avoir une répercussion déterminante sur leur ressenti – au point de les conduire parfois à interrompre le processus ou refuser une offre.
De plus, l'IA ne crée de valeur que si les recruteurs sont disposés à en tirer pleinement parti. Sans cadrage de leurs nouveaux rôles et sans accompagnement adapté, l'automatisation peut être perçue comme une menace pour leur métier. Elle risque alors de susciter des résistances qui freinent son adoption et son succès.
L’enjeu est donc managérial plus que technologique. Tirer parti de l’IA en recrutement suppose de cibler avec précision ce qui peut être automatisé et à quelles conditions, afin de soutenir l’implication et la qualité de jugement des recruteurs, de même que la qualité de l’expérience vécue par les candidats. C’est cette clarté sur les leviers de création de valeur du recrutement qui conditionne la réussite de la démarche.
Dans cette synthèse :
– Déjouer les biais du recrutement algorithmique
– Optimiser ses processus de recrutement avec l’IA
– Adapter ses entretiens de recrutement à l’ère de l’IA
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