Pépites de managementRetrouvez ici quelques pépites issues de notre veille des meilleures publications sur le leadership et le management
Comportements

Éviter les faux pas qui détruisent l’engagement
Une enquête de Gartner auprès de 3 500 salariés met en évidence une forte corrélation entre la confiance accordée aux dirigeants et le niveau d’engagement des équipes. Quand la confiance est bonne, les équipes se mobilisent bien plus volontiers, même face à l’adversité.
Cette enquête permet aussi d’identifier trois principaux faux pas particulièrement nocifs à la confiance à l’égard des dirigeants :
– Donner le sentiment d’une dissimulation d’information. Une telle perception réduit de 20 % la probabilité que les collaborateurs fassent faire confiance aux dirigeants. À l’inverse, des dirigeants qui prennent le temps d’expliquer clairement la motivation et les implications des décisions ont 4 fois plus de chances de se voir accorder de la confiance.
– Revenir sur ses décisions. L’effet sur la confiance est du même ordre que le précédent.
– Rejeter la responsabilité des décisions. Imputer ces dernières à des facteurs externes ou à d'autres parties prenantes a un impact encore plus marqué – de l’ordre de 30 %.
« Ce qui détruit la confiance n'est pas le changement lui-même, mais la façon dont les leaders le communiquent et l'assument », concluent les auteurs.
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Source : Most Employees Don't Trust Their Leaders. Here's What to Do About It., Ned Feuer, Maggie Mastrogiovanni, Harvard Business Review, décembre 2025.
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De quoi ne peut-on pas parler dans votre organisation ?
Votre organisation encourage la liberté de parole ? Et pourtant, essayez de dire : « L'engagement est faible parce que certains dirigeants ne sont pas respectés. » Difficile, n'est-ce pas ?
Jim Detert, professeur de management à la Darden School of Business de l'Université de Virginie, a étudié ce phénomène de censure silencieuse. Celui-ci est coûteux : il peut miner le moral de collaborateurs qui se sentent soumis à une forme de domination teintée d’hypocrisie.
Il propose trois techniques pour s’attaquer à ces tabous :
– Abordez la question de sujets tabous avec un petit groupe de confiance. Demandez-leur : « De quoi parlerions-nous si nous pouvions réellement tout aborder ? »
– Explorez les incohérences. Demandez aux collaborateurs d'identifier les situations où la réalité contredit les valeurs affichées.
– Explorez les angles morts. Demandez qui pourrait trouver certaines décisions injustes du point de vue du rôle qu’ils occupent dans l'organisation.
Mais attention ! Inviter au dialogue sans agir sur ce qui en ressort découragerait toute ouverture future. Les dirigeants doivent non seulement écouter, mais aussi transformer ces échanges en actions concrètes.
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Source : What You Still Can't Say at Work, Jim Detert, MIT Sloan Management Review, octobre 2024.
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Votre propension à coopérer dépend plus de votre réseau que de votre personnalité
Êtes-vous coopératif ? La réponse dépend moins de votre caractère que de la structure de vos connexions sociales.
Le sociologue et mathématicien Duncan Watts a simulé le « dilemme du prisonnier », dans lequel les joueurs choisissent de coopérer ou de trahir. Dans un réseau étroitement maillé, où les collègues se connaissent tous, la coopération se propage naturellement. Mais introduire quelques connexions avec des inconnus hors du cercle des relations établies peut suffire pour que les mêmes personnes deviennent égoïstes et trahissent leurs partenaires.
Cette découverte a trois principales implications pour l'entreprise :
– Arbitrer entre coopération et innovation. Les cloisonnements favorisent la coopération locale, mais freinent l'innovation. Trop de transversalité érode la confiance et encourage les comportements opportunistes. Un équilibre est à trouver entre les deux.
– Accompagner l’utilisation des outils numériques. Les plateformes collaboratives créent des connexions massives avec des inconnus. Comme sur Internet, cela amplifie les comportements peu coopératifs : messages cassants, emails accusateurs diffusés largement, commentaires cyniques… Mieux vaut privilégier les interactions en petits groupes stables plutôt que les conversations ouvertes à toute l'organisation.
– Gérer rapidement les relations toxiques. Quand Watts a permis aux joueurs de couper les liens toxiques, la coopération est revenue. En entreprise, cela inviterait à autoriser les collaborateurs à refuser de travailler avec des collègues trop destructeurs. Est-ce applicable ?
Votre réseau ne reflète pas seulement qui vous êtes : il façonne activement qui vous devenez.
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Source : Something Strange Happens When You Trace How Connected We Are, Derek Muller, Youtube / Veritasium, octobre 2025.
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Shadow AI : quand 71 % des employés prennent des risques… sans s'en inquiéter
Une étude Microsoft révèle un paradoxe inquiétant : l’adoption de l’intelligence artificielle se fait largement en dehors des cadres de sécurité de l'organisation. Cette étude, menée en octobre 2025 auprès de 2 003 employés britanniques, révèle que 71 % ont utilisé des outils d'IA grand public non approuvés au travail, et 51 % continuent de le faire chaque semaine. Plus troublant encore : seulement 32 % s'inquiètent de la confidentialité des données d'entreprises ou de clients ainsi exposées, et 29 % se préoccupent de la sécurité des systèmes IT de leur organisation.
Ce « Shadow AI » se développe pour trois raisons principales :
– L'habitude personnelle : 41 % des employés utilisent au travail les outils qu'ils connaissent dans leur vie privée.
– L'absence d'alternative : 28 % déclarent que leur entreprise ne fournit pas d'option approuvée, ce qui les pousse à improviser.
– Les gains de productivité : les utilisateurs estiment économiser ainsi en moyenne 7,75 heures par semaine.
Comment concilier innovation et sécurité dans cette course à la productivité ?
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Source : Rise in 'Shadow AI' tools raising security concerns for UK organisations, Microsoft UK Stories, octobre 2025.
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Votre culture d’entreprise est-elle en friche ?
À l’occasion du procès pour harcèlement d’anciens cadres dirigeants d’Ubisoft, le média en ligne Philonomist nous invite à prendre du recul sur la notion de culture d’entreprise.
Les prévenus ont invoqué dans leur défense des habitudes d’entreprise, ainsi qu’une vision propre du « fun ». Leurs comportements étaient selon eux naturels dans la culture d’entreprise, laquelle en porterait donc la responsabilité. Cela pose une question rarement abordée : qui, au juste, est responsable lorsque la culture de l'entreprise est défaillante ? Cet article souligne que l’alibi d’une culture permissive ou toxique repose sur une conception erronée de la notion même de culture d’entreprise.
L’auteure s’insurge contre la conception largement répandue selon laquelle la culture serait « le résultat d’un long développement, une sédimentation unique en son genre ». Au contraire, « culture » partage son étymologie avec « cultiver ». Il ne s’agit pas de laisser pousser un ensemble de valeurs et de comportements, mais de le faire pousser, de manière active. Une culture d’entreprise est le résultat de milliers de décisions individuelles. Tous les membres de l’organisation, a fortiori à des postes de direction, contribuent à la façonner par leurs comportements, leurs décisions de recrutement ou de promotion, leur communication, etc.
Pour servir les buts de l’organisation, la culture ne devrait pas être subie, mais maîtrisée. Cela demande, de la part des cadres dirigeants, la discipline d’expliciter les non-dits et ce qui apparaît comme des évidences, le courage de remettre en question certains réflexes ; et, surtout, de la lucidité pour réfléchir à ses façons d’être et à leurs implications, à la fois éthiques et stratégiques.
Ce chantier est-il ouvert chez vous ?
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Source : Ubisoft ou le refus de manager, Apolline Guillot, Philonomist, juin 2025.
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