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Manageris Blog

Performance


16 October 2014

Cinq pistes pour éviter le burnout

Cinq pistes pour éviter le burnout

Extrait de la Synthèse Manageris n°184b
« Gérer son énergie pour être performant sur la durée »

Les journaux en font leurs gros titres : l’épuisement professionnel est un phénomène bien présent dans l’entreprise. Mais attention, soulignent les experts. La responsabilité n’en incombe pas aux seuls employeurs ! Certes, une pression excessive et durable, la surcharge chronique de travail, le changement permanent et l’incertitude croissante sont des facteurs aggravants. Pour autant, dans un même contexte, certains tiennent le coup tandis que d’autres s’effondrent. Et même dans des environnements réputés peu exigeants, des collaborateurs se surinvestissent au point de finir par s’écrouler.

De fait, les psychologues montrent que certaines personnalités sont plus à risque que d’autres. Or ces personnalités sont précisément celles qui sont le plus valorisées dans l’entreprise ! Les collaborateurs qui s’impliquent totalement, ne comptent pas leurs heures et s’approprient les objectifs de l’entreprise ne sont-ils pas ceux sur qui on gagne à s’appuyer ? D’ailleurs, l’entreprise sait récompenser leur investissement : elle leur confie volontiers des défis stimulants, les promeut à un rythme accéléré… Chacun donc semble y trouver son compte.

Cette vision de la performance est néanmoins une vision à court terme. A s’investir sans tenir compte de ses limites, on entre facilement dans un engrenage insidieux et destructeur. Insidieux, car travailler sous tension nous "dope" et nous donne un sentiment de surpuissance et d’infaillibilité. Destructeur, car si l’organisme ne récupère pas suffisamment après ces périodes de stress, il finit par s’épuiser.

Parmi les collaborateurs les plus performants, on estime qu’un sur cinq montre des signes d’un tel épuisement. Savoir gérer son énergie en marathon plutôt qu’en sprint est donc un sujet de performance que chacun devrait mettre à son ordre du jour.

L’idée n’est pas, bien sûr, de renoncer à s’investir dans son travail ! L’entreprise a besoin de personnes capables de s’impliquer. Et d'un point de vue personnel, cela rend les choses bien plus intéressantes… Mais comme tout investissement, cet investissement d’énergie a besoin d’être géré dans une perspective de long terme.

1. Définir son identité personnelle

Les personnes ayant atteint souffert d’épuisement professionnel partagent presque toutes une caractéristique : leur travail occupe une place centrale dans leur identité. Or, en se définissant ainsi par leur rôle professionnel, il leur est difficile de fixer des limites. Un échec professionnel est vécu comme un échec personnel. Un conflit, comme une remise en cause de leur personne. Renoncer à un projet important revient à sacrifier une partie de ce qu'elles sont.

Prendre du recul pour définir son identité propre, distincte de son identité professionnelle, est un exercice instructif. Et ce d’autant plus que l’on a eu jusqu’à présent une carrière sans accident : le risque serait d'être passivement entraîné dans une ascension de carrière, au gré des opportunités, et de finir par perdre de vue ce que l’on souhaite vraiment. Interrogez-vous : En dehors de votre travail, quelles sont vos raisons d'exister ? Que signifie pour vous la réussite professionnelle ? Avez-vous défini vous-même vos critères de succès ?

2. Etre à l'écoute de soi

Une autre caractéristique des personnes qui "craquent" est qu'elles ont trop tardé avant de réagir. On ne s'effondre pas sans signes avant-coureurs. Mais dans le monde de l'entreprise, on valorise ceux qui font preuve de "courage" en faisant abstraction de leurs difficultés. A tort ! Un tel courage s'apparente à de la témérité : le coût d'un épisode de burnout, tant personnel que pour l'entreprise, est excessivement élevé. Comme pour toute autre ressource, une saine gestion des risques implique de savoir détecter ses limites.

Il faut ainsi savoir s'écouter à trois niveaux : tête, cœur et corps. Efforcez-vous de vous observer avec lucidité – en vous autorisant à faire preuve de compassion vis-à-vis de vous-même. Eprouvez-vous des difficultés de concentration, une baisse de productivité ? Etes-vous irritable, ou au contraire de plus en plus détaché ? Vous sentez-vous facilement agressé ? Votre confiance en vous est-elle plus facilement ébranlée qu'auparavant ? Vous sentez-vous fatigué sans que le repos ne vous permette de récupérer ? Tous ces signes sont à prendre en compte de façon sérieuse.

3. Oser demander de l'aide

Admettre qu'on est sur le point de craquer est particulièrement difficile. Cela suppose de faire preuve d'humilité et de renoncer à un plaisant sentiment d'invulnérabilité. Pourtant, lorsqu'on commence à perdre pied, il est souvent impossible d'avoir le recul suffisant pour réagir seul.

Trouver une personne de confiance à qui demander de l'aide est alors indispensable. Pas nécessairement sur le lieu de travail : s'extraire du sentiment de culpabilité qui empêche de trouver de vraies solutions est parfois plus facile en changeant de contexte. Il ne s'agit pas là seulement de parler pour mieux comprendre d'où vient le problème. La plupart des personnes qui s'épuisent sont conscientes que leur engagement est déraisonnable : elles ont juste l'impression de ne pas pouvoir faire autrement. Il faut donc se tourner vers quelqu'un qui les aidera activement à sortir de cette spirale infernale – en aidant à prendre du recul, à s'organiser, à faire des choix, à s'imposer du repos, etc.

4. Focaliser son action

Beaucoup de dirigeants passés par une phase d'épuisement avouent par la suite avoir été surpris de prendre conscience qu'ils pouvaient contrôler leur emploi du temps bien plus qu'ils ne le pensaient.

La priorité est de clarifier ses objectifs de façon à pouvoir recentrer son action. Prendre comme une donnée les limites que l'on ne veut pas dépasser donne un éclairage nouveau sur l'organisation de son activité. Cette attitude est contre-intuitive pour ceux qui considèrent leur temps comme élastique, alors qu'elle parait à tous évidente lorsqu'il s'agit de ressources budgétaires, par exemple. Avec ce regard, il devient naturel de déléguer ou de renoncer à certaines activités.

5. Savoir se régénérer

Le stress est inévitable lorsqu'on occupe un poste à responsabilité. Il n'est d'ailleurs pas nuisible en soi. Il ne le devient que lorsqu'on ne prend pas le temps de récupérer après avoir été sous pression.

Les personnes sujettes au "burnout" adoptent généralement une attitude cavalière vis-à-vis de leur corps et de leur bien-être émotionnel. Elles ne tiennent pas compte de ce besoin de récupération, pourtant indispensable. Certaines développent même une addiction à l'action et à l'adrénaline. "M'investir autant me semblait gérable, parce que c'était pour une période donnée. Mais dès qu'un projet était fini, je recommençais immédiatement", raconte un dirigeant. Ce mépris des besoins élémentaires est la porte ouverte à un effondrement soudain, le corps s'arrêtant en quelque sorte de fonctionner faute de carburant.

 

Pour en savoir plus :

¬ Gérer son énergie pour être performant sur la durée (Synthèse Manageris n°184b)

¬ Mieux agir face aux risques psycho-sociaux (Synthèse Manageris n°202b)

¬ Le bonheur, un puissant levier de performance (Synthèse Manageris n°208a)

¬ publié par Chrystel Martin dans Développement personnel

¬ mots clés { Changement, Développement durable, Performance, Stress }

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« Stress »

02 October 2014

Développer sa capacité d'attention

Extrait de la Synthèse Manageris n°228b
« L’attention, clé de la performance »

Nous ne pouvons pas être en  permanence attentifs à tout. Plutôt que de s’épuiser à vouloir se rapprocher de cet idéal, une solution consiste à alterner de façon régulière la cible de son attention. Pour cela, il est utile de distinguer trois principaux niveaux d’attention.

Développer sa capacité d'attention

Pour en savoir plus :

¬ L’attention, clé de la performance (Synthèse Manageris n°228b)

¬ publié par Chrystel Martin dans Développement personnel

¬ mots clés { Performance, Stress }

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« Efficacité personnelle »

08 September 2014

Répliquer ses bonnes pratiques : Trois tentations à éviter

Extrait de la Synthèse Manageris n°231a
« Diffuser ses bonnes pratiques »

Pourquoi est-il si difficile de répliquer des succès ? Les auteurs de Getting It Right the Second Time soulignent qu’au-delà des difficultés techniques, les équipes projet pèchent aussi souvent par excès d’optimisme. Cela conduit à trois tentations parfois fatales :

Répliquer ses bonnes pratiques : Trois tentations à éviter

Pour en savoir plus :

¬ Diffuser ses bonnes pratiques (Synthèse Manageris n°231a)

¬ publié par Chrystel Martin dans Excellence opérationnelle

¬ mots clés { Culture, Exécution, Performance }

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« Organisation apprenante »

11 February 2014

Réussir un Retour d'Expérience (REX)

Extrait de la Synthèse Manageris n°216b
« Comment continuer à progresser en matière de sécurité ? »

Chez tous les champions de la sécurité, les managers sont formés à l’animation de Retours d’Expérience (REX) et en pratiquent régulièrement avec leurs équipes. Par exemple, les équipes de la NASA ont adopté cette méthode après plusieurs accidents dramatiques. Voici quelques points clés pour organiser un REX aussi fructueux que possible : 

Réussir un Retour d'Expérience (REX)

Pour en savoir plus :

¬ Comment continuer à progresser en matière de sécurité ? (Synthèse Manageris n°216b)

¬ publié par Chrystel Martin dans Excellence opérationnelle, Stratégie

¬ mots clés { Crise, Performance, Risque }

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« Qualité et sécurité »

24 January 2013

Développer sa compétence 'chance'

Développer sa compétence 'chance'

Extrait de la Synthèse Manageris n°215b
« La chance, une compétence à développer »

Chaque jour, nous rencontrons des personnes qui semblent bénéficier d’une chance insolente, tandis que d’autres, dans des circonstances similaires, paraissent jouer systématiquement de malchance.

Or l’analyse de ce phénomène conduit à relativiser fortement cette perception de fatalité. En effet, notre état d’esprit, notre attitude et nos comportements déterminent notre aptitude à repérer et saisir les opportunités. Sans être intrinsèquement chanceuses, certaines personnes agissent ainsi spontanément de façon à provoquer les occasions favorables.

Partant de ce constat, le psychologue réputé Richard Wiseman s’est interrogé : est-il possible d’influencer la chance ? Ses conclusions sont édifiantes : nous sommes en grande partie responsables de notre propension à avoir de la chance. Il s’agirait ainsi d’une véritable compétence à développer.

Wiseman relate notamment dans son ouvrage "The Luck Factor" comment il a monté une "école de la chance" pour aider les personnes qui se considéraient comme malchanceuses. En quelques semaines seulement, celles-ci connaissent de premières réussites, qui les rendent plus confiantes. Elles enclenchent ainsi une spirale positive, où chaque évènement heureux renforce leur capacité à avoir de la chance.

Les nombreuses expériences conduites sur le sujet montrent que trois facteurs déterminent notre aptitude à avoir de la chance :

- Se placer en situation d’avoir la chance

Plus on vit dans un univers bien réglé et maîtrisé, plus la part de hasard se réduit. On limite ainsi les risques, mais on perd l’opportunité d’un hasard heureux. À l’inverse, on augmente sa probabilité d’avoir de la chance en se mettant en favorisant le hasard. Aborder des personnes que l’on ne connaît pas, se rendre à des événements ou dans les lieux inhabituels, oser tenter des expériences sans savoir ce qu’elles sont censées donner… Un "brin de folie" qui se révèle propice à la chance.

- Être capable de voir les opportunités

À situation égale, on observe que chanceux et malchanceux n’ont pas les mêmes perceptions. C’est pourquoi Richard Wiseman demande aux malchanceux de tenir un journal de la chance, dans lequel ils notent systématiquement les hasards heureux de leur journée. Ils prennent ainsi conscience que, contrairement à ce qu’ils pensaient, ils ont eu de la chance à plusieurs reprises. Par exemple, ils ont évité de justesse une collision en voiture ou trouvé un article en soldes à leur taille. Par ce simple exercice, le regard porté sur leur malchance change : elle n’apparaît plus comme une fatalité. Rapidement, ces personnes se mettent à percevoir un nombre croissant d’opportunités.

- Oser tirer parti des opportunités repérées

Certains ont spontanément tendance à saisir leur chance, quand d’autres hésitent et passent à côté. La Nouvelle-Zélande a eu beaucoup de chance d’accueillir le tournage du Seigneur des Anneaux. Mais c’est surtout parce qu’elle a su profiter de cette visibilité pour lancer une industrie du cinéma que cette opportunité s’est concrétisée. Alors que le cinéma est en crise, elle a généré contre toute attente 3 milliards de dollars en 2010.

Les personnes chanceuses se caractérisent aussi par leur ténacité. Convaincues de leur chance, elles persévèrent davantage et donc rencontrent plus de réussite. Une expérience de psychologie sociale en a fait la preuve. Placés devant un puzzle infaisable – ce qu’ils ignoraient –, les participants qui se disaient malchanceux ont arrêté en moyenne au bout de 10 minutes, tandis que ceux qui se pensaient chanceux ont persévéré 45 minutes !

Provoquer la chance et oser en tirer parti est ainsi une compétence que chacun gagne à développer activement.

Pour en savoir plus :

¬ La chance, une compétence à développer (Synthèse Manageris n°215b)

¬ Le leader intuitif (Synthèse Manageris n°199b)

¬ publié par Chrystel Martin dans Développement personnel

¬ mots clés { Agilité, Confiance, Créativité, Innovation, Intuition, Performance, Risque, Talents }

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