Au-delà de l’efficience, bâtir pour durer

Dans un monde où l’incertitude bouscule les modèles établis, un nombre croissant d’entreprises prennent exemple sur le vivant pour repenser leur stratégie. Coopération, diversité, circularité : comment s’inspirer de ces principes naturels pour élargir ses perspectives ?
Après trois décennies de stabilité relative, l’économie mondiale a basculé dans un nouveau paradigme. Dans leur rapport On the cusp of a new era?, les analystes du McKinsey Global Institute décrivent une « tempête parfaite » : fragmentation géopolitique, dérèglement climatique, pression accrue sur les ressources, explosion de la dette, bascule démographique, accélération technologique… Tous les ingrédients sont réunis pour une instabilité durable, que certains experts qualifient déjà de « permacrise ».
Dans ce nouveau contexte, la performance immédiate n’est plus un gage de pérennité. Les entreprises doivent pouvoir absorber des chocs inattendus – ce qui suppose de repenser certains fondamentaux : un système trop spécialisé devient vulnérable ; un système exploité au maximum de son potentiel ne permet pas d’accélérer en cas de besoin ; une chaîne de valeur trop optimisée peut se rompre au moindre accroc. Cela s’est matérialisé en 2021, lorsque les tensions hydriques à Taïwan ont affecté TSMC, maillon-clé de la production mondiale de puces électroniques, paralysant plusieurs filières.
Certaines entreprises cherchent des repères pour s’adapter à ce nouveau contexte. L’un d’eux, inattendu mais fertile, se trouve du côté du vivant. Depuis des milliards d’années, les écosystèmes naturels évoluent dans des conditions incertaines et contraintes — et parviennent malgré tout à durer. Leur logique repose non sur l’optimisation pure, mais sur quelques principes éprouvés : diversité, redondance, circularité, coopération.
Certaines organisations s’en inspirent pour refonder leur approche de la résilience. Pernod Ricard renforce ses liens avec l’écosystème de l’usine de sa marque Havana Club à Cuba : le groupe redistribue gratuitement les résidus de canne à sucre aux éleveurs locaux, qui en nourrissent leur bétail ; il investit dans la préservation des réserves naturelles de l’île, dans une optique de retour indirect à long terme. Confronté à la volatilité des flux mondiaux, IKEA a revu son modèle logistique : relocalisation partielle, réintroduction de stocks tampons, expérimentation de boucles circulaires avec sa place de marché d’occasion IKEA Preowned, testée à Madrid et Oslo. Lego, enfin, vise une sortie totale de l’emploi du plastique vierge d’ici 2032, au profit de matériaux recyclables et biosourcés – un virage stratégique majeur.
Cette synthèse explore comment repenser les interdépendances de l’entreprise, renforcer la robustesse de son modèle et inscrire sa performance dans la durée.
Dans cette synthèse :
– Identifier les écosystèmes humains et naturels dont dépend votre activité
– Mieux résister aux chocs en s’inspirant du vivant
– L’entreprise durable : quatre niveaux d’action
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