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Titre : Alternatives Marketing
Auteur(s) : Véronique Cova et Bernard Cova Editeur : Editions Dunod, 2001, 209 pages. Synthèse Manageris 97b. Avance technologique, innovation, satisfaction clients, customer relationship management, zéro défaut, marketing d'expérience : autant dapproches quasi-universellement reconnues comme des voie de succès indiscutables. Alternatives Marketing milite contre cette pensée unique. En effet, la société connaît une crise existentielle qui remet en cause l'individualisme, le culte du progrès et l'acceptation sans condition des offres des entreprises. De ce fait, il est possible de trouver des voies de différenciation qui sortent des sentiers battus. Les auteurs suggèrent trois approches alternatives du marketing : le marketing tribal, le marketing de l'authentique et le marketing de procuration. Ils nous en exposent les fondements sociologiques et les opportunités qui en découlent. Thème principal
[Stratégie Marketing] |
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[Présentation de louvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]
Cet ouvrage nous propose une découverte passionnante de lévolution de la société et de ses implications pour le marketing. Dun abord parfois difficile, car il ne se prive pas de jargon sociologique et ethnologique, il nous éclaire cependant sur les nouvelles voies de différenciations que la société postmoderne ouvre au marketer. Sa structure simple, autour de trois tendances sociologiques, en facilite grandement la lecture.
La crise existentielle que vit la société aujourdhui est décrite très concrètement dans lintroduction. Cette description est complétée de données statistiques.
Si vous êtes intéressé particulièrement par lanalyse sociologique de lévolution de la société, vous vous référerez aux premières parties de chacun des trois principaux chapitres. De très nombreux exemples illustrent ainsi le retour de la tribu, la vague de nostalgie actuelle, et le besoin de prise de contrôle du consommateur. On en déduit très naturellement que les stratégies marketing en vogue ne correspondent plus parfaitement à la société telle quelle est décrite.
Le chapitre 1 est essentiellement consacré au marketing tribal. Les exemples historiques du whisky Clan Campbell, du pager Tatoo, du magazine Cuore et du jeu Magic sont particulièrement détaillés. Les auteurs en tirent des recommandations pratiques, illustrées notamment par létude du cas Salomon.
Le marketing de lauthentique est développé en chapitre 2. Les auteurs analysent en particulier ce qui fait le caractère authentique dune offre, et la difficulté dintégrer ces critères dans une offre commerciale. Ils sappuient pour cela sur de nombreux exemples, dont les blousons Langlitz, le savon de Marseille, et la New Beetle de Volkswagen. Ils mettent en avant des recommandations pratiques sur lancrage de loffre dans le passé et le local et la façon de mettre en avant des détails significatifs.
Le troisième chapitre analyse le marketing de procuration. De nombreux exemples de détournements de produits sont cités, tels que celui de lappareil photo L.O.M.O., des vestes Helly Hansen par les rappeurs ou des magasins Ikea par le mouvement homosexuel. Quelques conseils concrets suivent, malheureusement illustrés de beaucoup moins dexemples.
Enfin, un dernier chapitre montre rapidement comment Internet vient renforcer ces trois tendances.
[Présentation de louvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]
Par Anne Lacrampe-Macquin,
Professeur Associé de Marketing à HEC.
Chantres dun marketing latin, Véronique et Bernard Cova nous offrent un livre tout imprégné de latmosphère de leur sud natal. Ils y décrivent trois tendances sociales : le retour de la communauté, la culture de la nostalgie et la volonté dappropriation qui trouvent dans Internet un catalyseur et qui appellent de nouvelles pratiques marketing.
Nous voici sur le marché de Carpentras, "leffet et la mise en scène dune commune appartenance locale". Se sentant de plus en plus isolés dans un monde en mutation, les individus éprouvent le besoin de se raccrocher à des groupes daffinité. Un marketing désireux de mettre à profit ce phénomène doit partir du principe que la valeur de loffre dépend non seulement de ses fonctionnalités mais encore de son aptitude à créer du lien au sein des groupes.
Nous assistons maintenant à Quillé à une étrange messe annuelle commémorant lespièglerie dun gamin du village ; elle est servie par le maire qui joue à la toupie et ne consent ensuite à tendre les burettes au curé quen échange de son jouet confisqué. Nos congénères ne croyant plus au mythe du progrès créateur dun futur radieux se tournent vers le passé et y recherchent lauthentique. Dans lunivers des objets, cet authentique renvoie à des notions telles que la rareté aux antipodes de la production et de la consommation de masse. Le marketing qui veut tirer parti du phénomène doit donc relever le défi consistant à créer des simulacres crédibles dobjets authentiques.
Le dernier courant décrit est celui de lappropriation. Les consommateurs ne veulent pas quon leur impose des règles strictes dutilisation et de représentation des produits ; les supporters de lOM par exemple sinsurgent contre tout dirigeant suspecté de sympathies pour le modèle PAT : "Paie ! Assieds-toi ! Tais-toi !". Cette tendance appelle un marketing de procuration qui consiste à laisser aux consommateurs des espaces de liberté pour construire loffre et se lapproprier, en gérant les détournements qui peuvent en découler.
Une fois achevée la lecture de louvrage, un certain nombre de questions émergent :
- Où réside la nouveauté du phénomène tribal ? Les groupes daffinité ont toujours existé et certaines firmes pratiquent de longue date un marketing de proximité. Le "retour de la communauté" se singularise-t-il par son ampleur, son développement particulier dans certains groupes sociaux ?
- Le marketing de lauthentique peut-il faire abstraction des "classes sociales" ? La notion dauthentique nest-elle pas éminemment variable suivant la place occupée dans lespace social ?
- La maîtrise de ses actes de consommation est-elle la principale manifestation de la volonté dappropriation ? Cette dernière ne concerne-t-elle pas plus globalement les manières de vivre ?
- Et pour finir peut-on opposer de façon aussi tranchée des marketing latin et anglo-saxon, le premier prônant une sortie du paradigme individualiste, rationnel et utilitaire qui sous-tendrait le second ? Les Anglo-saxons ne sont-ils pas des pragmatiques avant tout à lorigine des pratiques de "street marketing", "marketing viral", "experiential marketing", etc. ?
Notons également quon peut regretter des formulations obscures qui contrastent avec la limpidité des exemples.
Mais quimporte le flacon pourvu quon ait livresse. Cet ouvrage fait passer un souffle dair revigorant dans lunivers du marketing.
[Présentation de louvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]
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