Titre : Collaborative Advantage
Auteur(s) : Jeffrey H. Dyer
Editeur : Oxford University Press, 2000, 209 pages.

Synthèse Manageris 95b.

Toyota s’est hissée aux premiers rangs des constructeurs automobiles mondiaux en appliquant le concept d’entreprise étendue à son réseau de fournisseurs. Dans les années 90, Chrysler s’est inspirée de ce modèle pour se réorganiser totalement. Les résultats ont été spectaculaires. Collaborative Advantage tire les leçons de ces deux exemples. L’auteur montre qu’établir une relation privilégiée avec certains de ses fournisseurs peut être source d’un avantage concurrentiel déterminant. Et nous livre les clés du succès de ce type de partenariat.

Thème principal [Externalisation]
Voir également [Achats]

 

      
.........................................
Découvrez Manageris et nos synthèses
des meilleurs ouvrages de management :
Testez notre service
(et accédez à 5 synthèses)
Qui sommes-nous ?

.........................................

[Présentation de l’ouvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]

Présentation de l’ouvrage

Ce livre est le résultat de travaux de recherches universitaires menés par l'auteur sur les facteurs expliquant la performance exceptionnelle de Toyota. Il démontre que cette performance tient en grande partie à la création d'une "entreprise étendue" avec un réseau de fournisseurs. L'exemple de Chrysler, qui a reconfiguré totalement l'organisation de ses approvisionnements pour adopter un modèle similaire dans les années 90, vient corroborer la démonstration. L'intérêt de cet ouvrage tient à la fois à la façon très détaillée dont les exemples sont relatés, et aux leçons que l'auteur en tire pour d'autres entreprises qui voudraient elles aussi appliquer ce modèle.

Les différentes façons de gérer ses approvisionnements sont analysées en chapitre 1 : intégration verticale, relations distantes avec ses fournisseurs ou partenariat. L'auteur montre que la complexité croissante des produits, la demande accrue de personnalisation ainsi que l'essor des technologies de l'information vont dans le sens du développement de relations de partenariat. Vous pourrez compléter cette lecture par celle du chapitre 7, qui indique à quelles situations ce mode d'organisation est particulièrement adapté. Ainsi que par la fin du chapitre 2, qui rappelle les risques de l'intégration verticale.

Trois facteurs de succès de l'entreprise étendue font l'objet chacun d'un chapitre. Le plus crucial est sans doute le chapitre 4, qui insiste sur la nécessité absolue d'établir un climat de confiance. Le besoin de développer les transferts de savoir-faire entre l'entreprise et ses fournisseurs est analysé en chapitre 3. Et l'utilité de consentir des investissements dédiés au partenariat est étudiée en chapitre 2. La démonstration s'appuie sur l'exemple très détaillé de Toyota. Ces chapitres forment l'essentiel des enseignements de l'ouvrage.

L'histoire de Chrysler, qui a adapté le modèle conçu par Toyota, est exposée en grand détail dans le chapitre 5. L'auteur montre comment Chrysler a su créer la confiance, convaincre ses fournisseurs d'investir dans des actifs dédiés, et susciter des échanges de savoir-faire. Le chapitre 6 fournit la preuve concluante du succès de ce choix d'organisation.

Enfin, la conclusion propose une vision prospective de la façon dont les entreprises organiseront à l'avenir leurs approvisionnements. Il soulève notamment certains risques de la fusion Daimler/Chrysler.

[Présentation de l’ouvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]

Commentaire critique…

Par James Téboul,
Affiliate Professor of Operations Management à l'INSEAD.

Collaborative Advantage nous remet au cœur d'un vieux débat : comment réconcilier ces deux approches antinomiques métaphoriquement représentées par la "main visible" et la "main invisible" ? Il nous replonge également dans la vague du "Supply Chain Management". Lorsqu'il m'a été communiqué, j'ai pensé que c'était un livre de plus sur la chaîne d'approvisionnement et le "Value Adding Partnership". Mais je me suis surpris à lire ce livre avec intérêt parce qu'il est bien construit et qu'il reprend l'histoire passionnante de l'industrie automobile.

C'est un peu la suite de l'histoire relatée dans le livre "Le Système qui va changer le monde" ("The Machine that Changed the World" de J. Womack et D. Jones - Manageris N°4b) ou une illustration très bien documentée de l'histoire de Massimo Manichetti. Lorsqu'il arriva à la direction de l'entreprise textile de son père, ce dernier entreprit de la scinder en 8 compagnies distinctes spécialisées. Son action devint un modèle pour les autres entreprises textiles de la vallée du Prato, en Italie. La main invisible de la concurrence remplaça la main visible de l'entreprise, mais des liens étroits de coopération reliaient la multiplicité des petites entreprises indépendantes. Ce modèle de développement industriel fut bientôt connu sous le nom de "système du Prato", une sorte d'entreprise étendue.

La richesse de ce livre est d'appliquer ce concept d'entreprise étendue au réseau de fournisseurs et d'en faire une démonstration très documentée en s'appuyant sur des données et une expérience de terrain.

Ce livre devrait aider beaucoup de managers à décider quoi fabriquer en interne, selon le mode traditionnel d'intégration verticale, quoi sous-traiter en mettant les fournisseurs en concurrence principalement sur les prix et quoi sous-traiter en développant un réseau de partenaires. Les trois clés du succès dans ce dernier cas sont clairement énoncées : création de biens et d'investissements dédiés, gestion du savoir et climat de confiance. Des chiffres, des graphiques et des interviews sont là pour soutenir le raisonnement. L'exposé est presque décevant de simplicité, et les données présentées semblent parfois un peu trop forcées pour entraîner la conviction. J'ai eu du plaisir à retrouver nos fameux protagonistes Toyota, Ford, GM et Chrysler, mais qu'en est-il de la fusion récente Daimler-Chrysler ? Les difficultés entrevues dans ce livre se sont concrétisées. En fait, les vrais problèmes se trouvent lors de l'application et de la mise en œuvre des concepts. Ces difficultés ne sont pas esquivées par l'auteur, mais les exemples de Chrysler et de Toyota sont-ils suffisamment probants ? N'est-on pas en présence d'une reconstitution ex-post sur de nombreuses années dans le cas de Toyota ou d'une situation particulièrement dramatique qui nécessitait des solutions drastiques et créatives, pas seulement dans le domaine de la chaîne d'approvisionnement dans le cas de Chrysler ?

Livre à lire donc, ou tout au moins à survoler grâce à sa synthèse qui est la bienvenue compte tenu des nombreuses répétitions qui quelquefois encombrent le raisonnement.

[Présentation de l’ouvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]

Bibliographie…

[Présentation de l’ouvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]

haut de page

Découvrez Manageris et nos synthèses
des meilleurs ouvrages de management :
Testez notre service (et accédez à 5 synthèses) - Qui sommes-nous ?

© Manageris