![]() |
Titre : Profit Beyond Measure
Auteur(s) : H. Thomas Johnson & Anders Bröms. Editeur : Simon & Schuster, 2000, 230 pages. Synthèse Manageris 94a. La pression des marchés boursiers a incité de nombreuses entreprises à adopter un management par les résultats financiers. D'autant plus que fixer des objectifs tendus est un moyen de doper les performances de ses équipes. Pourtant, Profit Beyond Measure révèle que cette approche s'avère souvent génératrice de coûts cachés, et peu motivante. Les auteurs préconisent au contraire le management par les moyens, une approche suivie par Toyota ou Scania. Ils montrent comment se concentrer sur l'amélioration des processus procure de meilleurs résultats à long terme. Et nous livrent les clés de la réussite d'un tel mode de management. Thème principal
[Mobiliser les hommes] |
![]() |
.........................................
Découvrez Manageris et nos synthèses des meilleurs ouvrages de management : Testez notre service (et accédez à 5 synthèses) Qui sommes-nous ? ......................................... |
[Présentation de louvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]
Les auteurs de ce livre se font les avocats d'une philosophie de management plus harmonieuse que le brutal "management par les résultats" pratiqué par de nombreuses grandes entreprises. Ils démontrent tout d'abord les avantages du "management par les moyens", visant à optimiser en permanence les fonctionnements de l'entreprise. Puis ils en développent des exemples de mise en uvre.
Le chapitre 2 résume l'essentiel des enseignements de cet ouvrage. Il compare les principes de management par les résultats (MPR) et du management par les moyens (MPM). Et démontre la supériorité à long terme du MPM.
Une illustration frappante en est l'évolution de l'organisation du travail dans le secteur automobile, présentée en chapitre 1. Les auteurs montrent comment, depuis la Ford T à variété unique, les constructeurs ont développé deux conceptions différentes de l'organisation du travail pour pouvoir produire une variété de modèles à moindre coût. General Motors, Ford et Chrysler d'une part ont conçu un système de production morcelé dont elles se sont efforcées d'optimiser chaque étape. Alors que Toyota a conçu un système de production continu et s'est efforcée d'améliorer la performance de l'ensemble.
Le système de production en flux continu de Toyota est décrit en détail dans le chapitre 3, l'un des plus intéressants. Les auteurs montrent comment travailler en flux régulier et optimiser les changements de modèles procure les meilleures performances de production.L'organisation de Scania en termes de développement de produits est détaillée en chapitre 4. Vous y trouverez en très grand détail la façon dont Scania a recherché de façon systématique à utiliser des composants et des modules communs à ses différents modèles.
Le chapitre 5 indique comment un système de contrôle de gestion fondé sur une analyse par commande peut contribuer à améliorer les fonctionnements de l'entreprise. Un peu léger sur la question délicate de la répartition des coûts indirects par commande, ce chapitre est néanmoins intéressant dans son approche.
Enfin, les deux derniers chapitres mettent en parallèle le management par les moyens et le fonctionnement de la nature. Ils rappellent que le flux continu est bien plus naturel que le morcellement. Et que la nature arrive à produire une immense variété d'espèces vivantes à partir d'un nombre restreint d'éléments de base. Sans apporter véritablement de pistes concrètes, ces chapitres suscitent la réflexion sur la nécessité pour l'entreprise de fonctionner en harmonie dans l'écosystème.
[Présentation de louvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]
Par Alvin P. Lehnerd,
Professeur à Northeastern University School of Business et à Wharton.
Au début des années 70, une société de conseil américaine prestigieuse a affirmé que la part de marché de General Motors, pour le marché automobile Nord Américain, ne descendrait jamais en dessous de 50%. Selon eux, GM était tellement en avance sur la concurrence, en termes de coûts, qu'une perte de part de marché était impossible. Aujourd'hui, General Motors éprouve de grandes difficultés à empêcher sa part de marché de descendre en dessous de 28%. Les constructeurs étrangers, qui représentaient moins de 3% du marché dans les années 70, prennent désormais environ 30% du gâteau. Que s'est-il passé ?
Profit Beyond Measure suggère que le "Management par les résultats" (MPR) est à l'origine de cette sous-performance. La poursuite servile de résultats financiers conduit inexorablement les entreprises à voir leur performance décliner sur le long terme. Ce qui peut les conduire à la faillite. Les auteurs présentent leur concept de "Management par les moyens" (MPM), suggérant qu'il s'agit de la philosophie de management de loin la plus efficace.
Dans les deux premiers chapitres, ils présentent brièvement et comparent les deux philosophies. Cette analyse, présentée de façon très simple au lecteur, lui permet de saisir aisément la différence entre les deux concepts. Les auteurs s'appuient sur l'exemple de deux constructeurs automobile : Toyota et Scania, qui ont une performance supérieure à celle de leurs concurrents depuis des décennies. Les deux sociétés ne sont pas gérées par les résultats, mais plutôt par des techniques d'apprentissage organisationnel.Le chapitre 3 débute par cette affirmation : "Depuis plus de 20 ans, Toyota propose les produits et services de meilleure qualité de son secteur d'activité, qu'elle produit au moindre coût. Depuis plus de 40 ans, Toyota a eu un record inégalé de profits annuels, sans jamais licencier. De plus, Toyota conçoit et met sur le marché de nouvelles variétés de produits plus rapidement, et à moindre coût, que n'importe lequel de ses concurrents. Enfin, Toyota atteint régulièrement la meilleure productivité du secteur." Les auteurs présentent alors, de façon très instructive et convaincante, les méthodologies de Toyota, citant pas moins de 38 références pour étayer leur démonstration.
Le chapitre 4 fournit une riche analyse de Scania, une société qui a été profitable chaque année depuis 1934. Le fabricant suédois de poids lourds, bus et moteurs diesel a adopté depuis des décennies le principe de la conception modulaire, qui consiste à diviser l'architecture du système en des éléments standardisés et des modules interchangeables.
Avec ces deux exemples remarquables, les auteurs explorent avec une grande précision les diverses approches que Toyota et Scania ont mises en uvre. Ils s'en servent pour étayer leur thèse sur la folie de l'application fanatique du management par les résultats et les bénéfices convaincants des concepts du management par les moyens.
Les lecteurs de Profit Beyond Measure tireront certainement un grand profit à considérer sérieusement le management par les moyens dans leur entreprise. Cependant, les auteurs nous mettent en garde : c'est un voyage semé d'embûches, qui signifie un changement significatif dans l'organisation de l'entreprise. Il ne peut aboutir sans des années d'attachement déterminé à ces principes.
[Présentation de louvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]