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Titre : The Knowing-Doing Gap
Auteur(s) : Jeffrey Pfeffer et Robert I. Sutton. Editeur : Harvard Business School Press, 1999, 314 pages, Les difficultés des entreprises sexpliquent rarement par un manque didées. Les pistes damélioration ou les réponses aux besoins de progrès sont souvent connues : les études documentant les « meilleures pratiques » sont nombreuses et facilement accessibles. Le problème est ailleurs : il est dans la mise en uvre. The Knowing-Doing Gap analyse les obstacles qui freinent le passage de la théorie à la pratique, de la connaissance à laction. Et nous fournit de précieuses indications pour aider lentreprise à transformer les bonnes idées en progrès tangibles. Thème principal [Organisation apprenante] |
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Commentaire par : Jean-Marie Peretti,
Professeur à lESSEC et à luniversité de Corte.
[Synthèse Manageris 82a de mai 2000]
La gestion des connaissances est devenue une préoccupation majeure des entreprises. Les NTIC (Nouvelles Technologies de lInformation et de la Communication) ont suscité des initiatives ambitieuses pour gérer le capital intellectuel. Intranet est souvent présenté comme la clé du partage et du développement des connaissances et des bonnes pratiques.
The Knowing-Doing Gap sinscrit en faux contre cet optimisme technologique. Les auteurs considèrent que lintérêt actuel pour le management des connaissances est focalisé à tort sur lacquisition, le développement et la sauvegarde du capital intellectuel au détriment dune utilisation appropriée et efficace des connaissances. Et ils insistent sur les connaissances informelles, les habiletés opérationnelles et le savoir «tacite» qui permettent laction.
Cet ouvrage connaît aux Etats-Unis un vif succès et alimente de nombreux débats. Ce retentissement souligne la pertinence de leurs propos : le problème essentiel nest pas laccumulation de connaissance mais leur mise en uvre. Louvrage propose une analyse très fine des causes du fréquent «Knowing-doing gap», émaillée de nombreux et percutants exemples. Dans des chapitres courts, aux titres accrocheurs, ils dénoncent avec vivacité les principaux obstacles qui entravent laction.
Le lecteur retrouvera dans les exemples des situations quil a rencontrées dans sa vie professionnelle. Il se laissera convaincre que le discours est un substitut dangereux à laction, que la sauvegarde de pratiques dépassées et la peur du changement présente des risques, que les théories implicites du comportement qui guident les actions sont rarement valides, que la peur freine laction, que la mesure de la performance et la compétition interne ne favorisent pas la mobilisation des savoirs dans laction Il se laissera convaincre par la qualité de largumentaire, la richesse des illustrations et le talent pédagogique des auteurs.
Lapport effectif des auteurs se situe dans leurs préconisations, dans la présentation des « bonnes » pratiques qui, dans louvrage, complète celle des « mauvaises ». Lexposé est clair, bien construit et susceptible de pousser à laction les lecteurs. Chacun des huit préceptes présentés dans le dernier chapitre est, incontestablement, utile et efficace.
Jai deux regrets cependant. Tout d'abord, le lecteur français aurait apprécié davoir lanalyse des auteurs sur des innovations et expérimentations menés en France ou dans certains pays dEurope (Grande Bretagne). D'autre part, la critique des apports des NTIC est rapide et, me semble-t-il excessive. Les intranets qui se développent aujourdhui dans certaines entreprises, françaises ou étrangères, témoignent de lappui exceptionnel quils peuvent apporter à la disposition du « Knowing-doing gap ».
Lensemble constitue un guide du management efficace, cest à dire, susceptible de traduire les connaissances en action. Si certains chapitres et certains préceptes présentent peu doriginalité, langle dapproche des auteurs renouvelle leur intérêt. The Knowing-Doing Gap mérite dêtre lu et utilisé.
BIBLIOGRAPHIE :
THE KNOWLEDGE MANAGEMENT FIELDBOOK, W. Bukowitz et R. Williams, ed. Prentice Hall, Financial Times, 1999.
THE HUMAN EQUATION ; building profits by putting people first, J. Pfeffer, Harvard Business School Press, 1998 (Manageris N°62a).
WORKING KNOWLEDGE : HOW ORGANIZATIONS MANAGE WHAT THEY KNOW, T. Davenport et L. Prusak, Harvard Business School Press, 1998.
FIRMS AS KNOWLEDGE BROKERS, A. Hargadon, California Management Review 40, printemps 1998.
Jean-Marie PERETTI, Professeur des Universités, enseigne la Gestion des Ressources Humaines à lESSEC et à lIAE de Corse. Ses travaux de recherche portent sur la contribution de la fonction Ressources Humaines à la création de valeur, les rémunérations, laudit Ressources Humaines.
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