Titre : The Leadership Engine
Auteur(s) : Noel Tichy avec Eli Cohen
Editeur :Éditions Harper Collins, 1997
368 pages.

Les entreprises favorisent désormais l’autonomie et la prise de décision au plus près du terrain. Dans ce contexte, développer le leadership à tous les niveaux de l’organisation devient un facteur critique de performance. L’auteur examine pour cela les qualités clés à promouvoir chez les managers : capacité de faire émerger des idées, de promouvoir les valeurs fondamentales de l’organisation, et de libérer l’énergie de ses collaborateurs. Il nous fait ensuite part des enseignements de ceux qui ont su développer des compétences de leadership à tous les niveaux de l’entreprise.

Thème principal [Former des leaders]
Voir également [Leadership]

 

      
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Commentaire par : Michael Brimm
Professeur d’Organizational Behavior à l’INSEAD
[Synthèse Manageris 68a de février 1999]

L’un des problèmes auquel est confronté le lecteur européen d’un livre de management porte sur la déification fréquente des chefs d’entreprises. Aux États-Unis, où l’actionnariat populaire est très développé et où les informations économiques font la Une des journaux, les noms des PDG sont connus du grand public. La renommée de Lee Iacocca chez Chrysler ou de Jack Welch chez General Electric ou encore l’infamie de Al Dulap « la tronçonneuse » ont rendu ces individus aussi populaires que des vedettes de cinéma ou des athlètes sportifs.

Les leaders européens ont tendance quant à eux à être plus dans l’ombre, connus uniquement dans le cercle restreint de la communauté des affaires. Cependant, la privatisation des entreprises publiques suscite un engouement populaire nouveau pour l’actionnariat individuel et l’information économique. Dans le même temps, l’émergence en Europe de leaders plus « voyants » (tels que Jurgen Schremp chez Daimler Chrysler, John Brown chez BP ou Serge Tchuruk et Bernard Arnault en France) a éveillé dans les cercles économiques un intérêt marqué pour le leadership. Pourtant, bon nombre d’Européens et d’Américains restent encore méfiants et négatifs envers les leaders forts et voyants.

Noel Tichy a trouvé une approche intéressante sur ce sujet en se concentrant sur les compétences de leadership des PDG mais aussi sur leur rôle dans le développement des leaders à tous les niveaux de l’organisation. Son credo est le suivant : les leaders performants sont ceux qui bâtissent une organisation où les employés apprennent à devenir des leaders. Cette conviction, il l’étaye par les travaux qu’il a déjà menés par le passé au sujet de Jack Welch et d’autres managers reconnus du changement. Son point principal – les leaders doivent former d’autres leaders – s’appuie également sur les travaux passionnants menés par Howard Gardner et replace les leaders économiques sur le même plan que d’autres leaders du monde de la religion, de la science ou de la politique. Tous ces leaders partagent la capacité d’exprimer une vision qui mobilise leurs suivants et qui leur donne aussi les moyens de former d’autres individus et de diriger à leur tour. Cette approche est bienvenue et contraste singulièrement avec tout ce qui a été publié récemment sur le thème de « l’organisation apprenante ». En effet, cette idée « d’organisation apprenante » est très attractive mais particulièrement difficile à saisir. Elle a suscité à la fois beaucoup d’intérêt mais aussi beaucoup de frustration tant son application concrète est délicate.

Dans The Leadership Engine, l’auteur propose une approche plus claire et susceptible d’être mise en œuvre. Même si la plupart des exemples de l’ouvrage portent sur des « grands » leaders, leur rôle de formateur, de développeur de leaders apparaît clairement. Tichy nous dépeint des leaders qui maintiennent un subtil équilibre entre les réalités humaines et les réalités économiques de leur organisation et nous incite à les imiter. Que le lecteur se rallie ou non à ce point de vue, ce livre constitue une incitation à la réflexion personnelle sur notre propre conception du leadership. Cette réflexion est salutaire car, comme Tichy l’écrit, un bon manager doit avoir une vision claire de ce qu’est pour lui le leadership et donc de ce qu’est sa description de poste.


BIBLIOGRAPHIE :
CONTROL YOUR DESTINY OR SOMEONE ELSE WILL
Noel M. Tichy et Stratford Sherman, éd. Currency Doubleday, 1993. (Manageris N° 15b)
LEADING OUT LOUD
Terry Pearce, éd.Jossey-Bass, 1995. (Manageris N° 39a)


Michael Brimm est professeur d’Organizational Behavior à l’INSEAD

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