Titre : Co-opetition
Auteur(s) : Adam M. Brandenburger et Barry J. Nalebuff
Editeur : éd. Currency Doubleday, 1996

Titre traduit : Coopetition
Editeur : éd. Village Mondial, 1996

Cet ouvrage présente les principaux enseignements de la théorie des jeux appliquée à la stratégie d'entreprise. Il décrit en particulier 4 leviers pour faire évoluer la situation à son avantage :

  • faire entrer de nouveaux acteurs ;
  • changer les règles du jeu ;
  • jouer avec les perceptions ;
  • tirer parti des liens entre marchés différents.

Thème principal [Analyse stratégique]

 

      
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Commentaire par : Gareth Dyas
Professeur de stratégie à l’INSEAD
[Synthèse Manageris 42a de octobre 1996]

Dans Co-opetition, Adam M. Brandenburger et Barry J. Nalebuff cherchent à montrer comment la théorie des jeux peut s’appliquer au monde des affaires. La théorie des jeux est un domaine fascinant. Et son application au monde des affaires a un potentiel énorme. L’idée est donc à la fois intrigante et intéressante.

Co-opetition nous montre que pour réussir, une entreprise peut modifier le marché. Et non se contenter de subir ses évolutions. Pour cela, les auteurs nous expliquent qu’elle peut agir sur plusieurs leviers.

Co-opetition nous pousse aussi à réfléchir en termes de coopération. Aujourd’hui, les entreprises sont trop obsédées par la notion de concurrence. Cette vision étroite est extrêment destructrice. Il est beaucoup plus sain et beaucoup plus porteur d’envisager les rapports sous l’angle de la coopération. Les auteurs nous incitent ainsi à nous préoccuper des “compléments” - ces entreprises dont l’offre vient renforcer la notre - tout autant que des concurrents.

Le travail qui consiste à appliquer la théorie des jeux aux affaires est un exercice très difficile. Ici, on sent que la théorie des jeux a été bien réfléchie. Mais elle a été trop simplifiée, vraissemblablement pour rendre le sujet plus attractif. On regrette que les exemples n’aient pas été plus fouillés. On aurait aimé un livre plus terre à terre. Peut-être moins ambitieux, mais plus concret. Cela nous montre qu’en dehors des techniques de négociation, on n’a pas encore trouvé d’application sérieuse de la théorie des jeux. Et qu’il y a encore du travail à faire pour arriver à résoudre les problèmes cruciaux des entreprises.

Néanmoins, les auteurs méritent d’être encouragés. Ils sont brillants et ont beaucoup réfléchi sur le sujet. Ils nous offrent ainsi un livre intéressant et agréable à lire. Dommage qu’il nous laisse un peu trop sur notre faim.


BIBLIOGRAPHIE :
• THINKING STRATEGICALLY, COMPETITIVE, EDGE IN BUSINESS, POLITICS AND EVERYDAY LIFE, Dixit et Nalebuff, éd. Norton, 1991.
THE LOYALTY EFFECT, Frederick F. Reichheld, éd. Harvard Business School Press, 1996.


Gareth Dyas est professeur de stratégie à l’INSEAD. Il en a dirigé le programme de MBA pendant plusieurs années.

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