Titre : L’entreprise multiculturelle
Auteur(s) : Fons Trompenaars
Editeur : éd. Maxima, 1994

Cet ouvrage présente une analyse systématique de l'impact des différences de culture nationale sur les pratiques de management. L'auteur analyse les principaux écarts culturels selon 7 dimensions :

  • universalisme ou particularisme ;
  • individualisme ou collectivisme ;
  • affectivité ou neutralité ;
  • degré de recouvrement entre la vie privée et la vie professionnelle ;
  • statut attribué ou statut acquis ;
  • attitude à l'égard du temps ;
  • volonté de contrôle de la nature.

L'auteur préconise ensuite une approche pour tirer parti des différences culturelles entre pays.

Thème principal [Management interculturel]
Voir également [Diversité]

 

      
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Commentaire par : Nancy J. Adler
Professor of Organizational Behavior and Cross-Cultural Management à l’Université McGill
[Synthèse Manageris 29b de juillet-août 1995]

Au cours des dernières décennies, les entreprises ont appris à adapter leur stratégie, leur marketing et leur gestion financière à la mondialisation de l’économie. Mais très peu ont su adapter leurs pratiques de gestion des hommes. Pour certains, il s’agit d’une question secondaire. Pour d’autres, il suffit d’étendre à ses filiales étrangères les pratiques de la maison mère.

L’entreprise multiculturelle est un livre extrêmement important. Fons Trompenaars montre en effet clairement qu’il est essentiel de repenser la gestion des ressources humaines en fonction de chaque culture nationale. Beaucoup croient que les différences culturelles se limitent à des aspects pittoresques de la vie privée. L’auteur nous fait prendre conscience que leur implication est beaucoup plus profonde : elles conduisent les hommes à envisager les problèmes de manières radicalement différentes. Elles ont ainsi une influence profonde sur leur comportement dans l’entreprise.

Par rapport aux autres ouvrages sur le sujet, l’entreprise multiculturelle a le mérite d’être parfaitement adapté aux besoins des managers. Tout d’abord, il est d’une lecture facile et agréable. Ensuite, il présente les différences culturelles d’une manière directement parlante aux managers. C’est moins vrai d’autres travaux. Par exemple, la dimension masculinité / féminité de Geert Hofstede est souvent un peu obscure pour les managers. Enfin, il va au-delà de la description et examine les conséquences pratiques des différences qu’il constate. En particulier, il souligne l’importance d’équilibrer les approches des différentes cultures et la richesse qu’il peut y avoir à les combiner.

Pour aboutir à cela, Fons Trompenaars a été aidé par les travaux de ses prédécesseurs. Ceux-là ont en effet surtout mené des recherches anthropologiques, d’une grande richesse descriptive. L’auteur a pu bâtir sur ces résultats pour établir des conclusions directement significatives pour des dirigeants.

Mon expérience me permet de confirmer l’utilité immédiate de ces travaux pour les managers. Ils ont par exemple été très utiles à un groupe de dirigeants belges et canadiens avec qui j’ai travaillé alors qu’ils envisageaient de mettre en œuvre un certain nombre de joint- ventures et d’alliances stratégiques. Les travaux de Trompenaars nous ont aidé à identifier les différences culturelles auxquelles ils devaient faire attention. Ils ont aussi pu mettre à jour les points communs sur lesquels ils pouvaient s’appuyer. Cette démarche a été extrêmement utile.

Lorsqu’il voudra utiliser sur les résultats chiffrés présentés dans le livre, je conseille au lecteur de s’intéresser surtout aux écarts importants. Certains chercheurs, comme André Laurent, utilisent en effet des questionnaires permettant de nuancer la réponse des interviewés. Fons Trompenaars, a contrario, utilise des questions binaires qui ne permettent pas de distinguer ceux qui hésitent de ceux qui sont catégoriques. Cela introduit une certaine incertitude dans les résultats. Il faut donc les considérer comme des ordres de grandeur plus que comme des données exactes.


BIBLIOGRAPHIE :
VIVRE DANS UN MONDE MULTICULTUREL, Geert Hofstede, éd. Les Éditions d’Organisation, 1994.
• LA LOGIQUE DE L’HONNEUR, Philippe d’Iribarne, éd. Le Seuil, 1989.
• CULTURES D’ENTREPRISES, R. Reitter, éd. Vuibert, 1991.
• THEORIE Z, William Ouchi, éd. InterÉditions, 1982.


Nancy J. Adler est Professor of Organizational Behavior and Cross-Cultural Management à l’Université McGill de Montréal. Elle mène également des travaux de recherche et des missions de conseil sur le management international des ressources humaines, l’expatriation, la place de la femme dans le management international et les négociations internationales.

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