Titre : Vivre dans un monde multiculturel
Auteur(s) : Geert Hofstede
Editeur : éd. Les Éditions d'Organisation, 1994

À partir d’une enquête réalisée auprès de salariés d’IBM répartis dans 50 pays, l’auteur analyse l'impact de la culture nationale sur le comportement dans l'entreprise. Il met en évidence 4 grandes dimensions qui caractérisent les écarts culturels :

  • la distance hiérarchique ;
  • le degré d’individualisme ou de collectivisme ;
  • le degré de masculinité ou de féminité ;
  • le besoin de contrôle de l’incertitude.

L'auteur en tire des enseignements sur la nécessité d'adapter les pratiques de management entre pays.

Thème principal [Management interculturel]
Voir également [Diversité]

 

      
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Commentaire par : Jean-Paul Larçon
Professeur de Stratégie au groupe HEC
[Synthèse Manageris 28b de juin 1995]

Vivre dans un monde multiculturel est un ouvrage rare. Au sens premier du terme. En effet, Geert Hofstede fait partie des quelques auteurs qui ont analysé en profondeur les programmations culturelles à partir d’un échantillon chiffré, traité statistiquement. Il nous propose ici un véritable travail d’anthropologue au sein de la société IBM.

Ce livre est séduisant. Les résultats y sont présentés de manière claire à l’aide de graphiques. De plus, les variables d’analyse retenues intéresseront véritablement les managers ou les cadres évoluant dans un contexte multiculturel. La distance hiérarchique, le degré de tolérance de l’ambiguïté, le degré d’individualisme sont en effet des variables simples à appréhender qu’il est indispensable de prendre en compte dans les relations avec d’autres cultures.

L’analyse permet également au lecteur de prendre conscience de sa propre programmation mentale et du conditionnement de ses comportements par son contexte culturel.

Ce livre a cependant un défaut majeur. Certaines généralisations sont abusives. En effet, les résultats ne proviennent que d’un échantillon petit et très spécifique. De plus, les variables d’analyse choisies sont très simplificatrices alors que le champ est large, complexe et changeant. L’auteur affiche par exemple un même indice d’individualisme et de distance hiérarchique pour l’ensemble des pays arabophones ! Les références nationales correspondent souvent à des ensembles géographiques vastes et diversifiés. Et l’approche ne permet pas de comprendre les différences qui peuvent exister entre cultures subrégionales au sein d’une culture nationale. Wallons et Flamands, Alsaciens et Niçois sont alors ici réduits à la moyenne belge ou française.

Enfin, le lien entre culture nationale et culture d’entreprise est esquissé mais non traité à fond. Qu’est-ce qui fait par exemple que Sony et Matsuhita diffèrent tellement au sein de l’ensemble japonais ?

Ce livre est donc rare et séduisant. Toutefois, il serait imprudent de généraliser les résultats enregistrés ou de ne pas creuser plus avant afin de mieux comprendre la complexité des cultures nationales avant de chercher à mobiliser les énergies fort diversifiées d’un monde effectivement et heureusement multiculturel.


BIBLIOGRAPHIE :
L’ENTREPRISE MULTICULTUREL, F. Trompenaars, éd. Maxima, 1994.
• CULTURES D’ENTREPRISES, R. Reitter, éd. Vuibert, 1991.
• THÉORIE Z, William Ouchi, éd. Interéditions, 1982.
• LA LOGIQUE DE L’HONNEUR, Gestion des entreprises et traditions nationales, P. d’Iribarne, éd. Le Seuil, 1989.


Jean-Paul Larçon est Professeur de Stratégie au groupe HEC.

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