Titre : The Quest for Value
Auteur(s) : G. Bennet Stewart, III
Editeur : éd. Harper Business, 1991

Cet ouvrage constitue la référence sur le concept de l'EVA (Economic Value Added). Ce nouvel indicateur vise à refléter plus fidèlement la performance de création de valeur que le traditionnel profit ou montant des dividendes. L'auteur préconise en particulier de l'utiliser comme référence pour la rémunération variable des dirigeants.
L'ouvrage préconise par ailleurs deux pistes de création de valeur par la restructuration financière de l'entreprise : l'utilisation agressive de la dette ; et la décentralisation du financement au niveau des "business units".

 

      
.........................................
Découvrez Manageris et nos synthèses
des meilleurs ouvrages de management :
Testez notre service
(et accédez à 5 synthèses)
Qui sommes-nous ?

.........................................

Commentaire par : Theo Vermaelen
Professeur de Finance à l’INSEAD
[Synthèse Manageris 28a de juin 1995]

The Quest for Value fait partie des quelques livres qui essayent d’aider les dirigeants à mettre en place un système de création de valeur.

Plus précisément, l’ouvrage porte sur le concept d’EVA, Economic Value Added. L’EVA mesure la valeur créée au cours d’une période donnée. En deux mots, elle se définit comme l’écart entre le profit opérationnel après impôts et le coût du capital immobilisé par l’entreprise. Ainsi, maximiser l’EVA est différent de maximiser les profits ou le rendement des fonds propres. La définition de l’EVA prend explicitement en compte le fait que tout le capital a un coût, et non uniquement la dette.

L’auteur introduit aussi le concept de MVA, Market Value Added. Il s’agit tout simplement de l’écart entre la valeur de marché de l’entreprise et le capital qui y a été investi. Une MVA négative indique que les performances financières passées et / ou anticipées de l’entreprise sont mauvaises. Tandis qu’une EVA négative indique que, sur la période considérée, l’entreprise a généré moins que le coût de son capital. L’EVA mesure donc la performance à court terme, tandis que la MVA indique la perception par le marché des performances passées et futures de l’entreprise.

Tout en expliquant le concept de création de valeur, l’auteur offre une excellente vue d’ensemble de la finance d’entreprise, d’une manière accessible aux dirigeants. Le livre contient ainsi de nombreux exemples montrant clairement comment certaines entreprises détruisent ou créent de la valeur. Toutefois, par souci d’éviter une excessive complexité, l’ouvrage n’entre pas dans tous les détails de calculs compliqués comme celui du coût du capital. De ce fait, le lecteur tirera d’autant plus profit de ce livre s’il a déjà de bonnes bases en finance d’entreprise.

Pour apprécier cet ouvrage, il faut accepter le principe que l’objectif de l’entreprise est de maximiser la valeur pour ses actionnaires. C’est un fait acquis pour la plupart des dirigeants anglo-saxons. A contrario, beaucoup de managers européens (continentaux) ont du mal à accepter cette idée. Peu soumis à la pression des investisseurs institutionnels ou des raiders, ils ont tendance à privilégier la création de valeur pour l’ensemble des “acteurs” de l’entreprise. Ce qui revient en pratique à privilégier les intérêts des dirigeants, des syndicats et des banques, avec la contrainte que l’entreprise gagne assez d’argent pour survivre. Ce livre aurait peut-être dû commencer par un chapitre expliquant pourquoi cette approche n’est plus viable dans un contexte de concurrence planétaire.

En conclusion, il s’agit d’un ouvrage agréable à lire et qui véhicule un message très puissant : la réflexion stratégique nécessite de mesurer la conséquence de ses choix en termes de création de valeur. Il contribue ainsi utilement à convaincre les dirigeants que les décisions stratégiques ne doivent pas seulement s’appuyer sur des matrices 2 x 2, mais sur une analyse fine des cash-flows et des risques.


BIBLIOGRAPHIE :
LA STRATÉGIE DE LA VALEUR, Tom Copeland, Tim Koller et Jack Murrin, éd. InterEditions, 1991.
• THE VALUE IMPERATIVE, James M. McTaggart, Peter W. Kontes et Michael C. Mankins, éd. The Free Press, 1994.


Theo Vermaelen est Professeur de Finance à l’INSEAD. Son enseignement et ses travaux de recherche portent plus particulièrement sur la création de valeur et la finance d’entreprise. Il est Editor du Journal of Empirical Finance et Associate Editor du Journal of Corporate Finance and Financial Management.

haut de page

Découvrez Manageris et nos synthèses
des meilleurs ouvrages de management :
Testez notre service (et accédez à 5 synthèses) - Qui sommes-nous ?

© Manageris