Titre : Managing Across Borders
Auteur(s) : Christopher A. Bartlett et Sumantra Ghoshal
Editeur : éd. Harvard Business School Press, 1989

Titre traduit : Le management sans frontières
Editeur : éd. Les Éditions d'Organisation, 1991

Cet ouvrage examine les modes d'organisation à l'international des groupes les plus performants. Il montre que la conception traditionnelle d'un "centre" entouré de "satellites", tous égaux entre eux, s'avère désormais inadaptée. Il préconise au contraire d'adopter des principes d'organisation différenciés, spécifiquement adaptés à chaque métier et à chaque activité du groupe. Et indique quels processus de management mettre en place pour assurer la coordination des ressources ainsi dispersées.

Thème principal [Structure d'organisation]
Voir également [Organisation à l'international]

 

      
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Commentaire par : Nitin Nohria
Assistant Professor of Business Administration
[Synthèse Manageris 26b de avril 1995]

Managing Across Borders est véritablement le meilleur ouvrage qui ait été écrit sur le management des entreprises internationales. C’est un “must” sur le sujet, qui doit être lu autant par les managers de telles entreprises - ils sont directement concernés - que par ceux qui les affrontent comme concurrents - ils bénéficieront de la connaissance des avantages et faiblesses typiques de telles organisations.

Une grande force de cet ouvrage réside dans la richesse avec laquelle est décrit le modèle d’organisation préconisé, le modèle “transnational”. Peu de livres vont dans un tel détail lorsqu’il s’agit d’exposer les implications pratiques des solutions proposées. Ici, le lecteur acquiert une véritable compréhension de ce qu’est une organisation “transnationale”, que ce soit en termes de structure, de processus de management, de gestion des hommes ou de rôle individuel des managers.

Pour autant, le lecteur doit se garder de la tentation de sauter trop rapidement sur la conclusion : “Ça y est, voici la solution, mettons la en œuvre !”. Car s’il aura souvent raison, il se peut aussi qu’il se trompe. En effet, certaines conclusions du livre doivent être considérées avec du recul.

La description des évolutions de l’environnement auxquelles sont confrontées les entreprises est tout à fait pertinente. Même si l’on peut douter qu’il ait jamais existé un âge d’or dans lequel il suffisait d’être performant sur une seule des 3 dimensions citées - efficacité globale, adaptation locale, innovation - il est vrai que dans tous les secteurs, le seuil minimum de compétitivité s’est accru pour chacune d’entre elles.
De même, le modèle “transnational” comporte un certain degré d’universalité. On observe en effet une tendance générale à l’égalisation des rôles entre le “centre” et les “filiales”. L’accroissement général des compétences de R&D ou de fabrication à travers le monde remet en effet en cause la traditionnelle relation hiérarchique entre un centre concentrant le savoir et le pouvoir et des satellites ayant des rôles d’exécutants.

Mais le modèle “transnational” n’est probablement pas valide pour toutes les entreprises internationales.

Il a en effet un coût non négligeable : celui lié à sa complexité. Il nécessite de nombreux efforts de coordination. Or, une organisation n’a besoin d’avoir que la complexité qu’exige son environnement. Ainsi, le modèle est sans doute valide pour les 100 plus grands groupes mondiaux. Mais probablement moins pour les entreprises de taille moyenne, opérant sur des marchés relativement stables. On peut par exemple douter de la pertinence du modèle pour les compagnies pétrolières en-deçà des 7 plus importantes.

Il reste aussi à établir dans quelle mesure c’est le meilleur modèle pour des entreprises qui sont juste en cours d’internationalisation. Les groupes étudiés par les auteurs ont acquis leur dimension internationale il y a déjà quelques décennies au moins. Les entreprises actuellement engagées dans ce processus disposent d’outils inconnus de leurs prédécesseurs : les technologies de l’information. Celles-ci leur offrent des degrés de liberté supplémentaires. Et la possibilité d’inventer de nouveaux modèles, non encore identifiés à ce jour.


BIBLIOGRAPHIE :
GLOBALIZING MANAGEMENT, sous la direction de Vladimir Pucik, Noel M. Tichy et Carole K. Barnett, éd. John Wiley & Sons, 1993.


Nitin Nohria est Assistant Professor of Business Administration à Harvard Business School. Ses travaux de recherche portent principalement sur la structure et le changement des organisations. Il a publié plusieurs ouvrages, dont Beyond the Hype.

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