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Titre : La conversation,
outil essentiel du leadership ManagementLeadership Unplugged, Jacqueline Moore et Steven Sonsino, Palgrave Macmillan, 2003, 373 pages. Jacqueline Moore est journaliste au Financial Times. Steven Sonsino est professeur à la London Business School. Synthèse Manageris 129a. A quoi un leader occupe-t-il la plus grande partie de ses journées ?
A parler… Thème principal [Dialogue] |
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Leadership Unplugged,
Jacqueline Moore et Steven
Sonsino, Palgrave Macmillan, 2003.
A une époque où l’on attend avant tout d’un leader qu’il sache conduire le changement, la conversation peut être pour lui un outil d’une grande efficacité. Bien menée, elle peut en effet influencer en profondeur les esprits et les comportements de ses interlocuteurs. Encore faut-il en comprendre les ressorts et en maîtriser les techniques. Les auteurs de cet ouvrage se proposent de nous y aider.
Le contenu du livre est assez hétéroclite, au point d’en diminuer parfois le confort de lecture. En revanche, chacun pourra de ce fait y trouver ce qu’il y souhaite, qu’il s’agisse de conseils méthodologiques concrets sur les comportements à adopter ou au contraire de réflexions théoriques approfondies. Les conseils suivants vous permettront de vous orienter.
- Pour un aperçu rapide de l’importance de la conversation dans la vie de l’entreprise et des possibilités qu’elle offre pour un leader, vous irez aux chapitres 1et 12, qui constituent une bonne introduction aux thèmes du livre. Les chapitres 6 et 8, avec les exemples de Brabantia et 3M, s’inscrivent dans la même lignée, dans un esprit toutefois plus théorique et universitaire, qui en fait de bonnes lectures d’approfondissement mais pas des candidats à une lecture rapide.
- L’apport le plus original du livre est assurément sa théorie des trois phases d’une conversation : débat, discussion et dialogue. Les grandes lignes de cette théorie sont exposées au chapitre 2, qui constitue l’un des passages obligés de l’ouvrage. Pour des présentations plus détaillées de chacune de ces trois phases, vous vous reporterez aux chapitres 3 (débat, avec l’exemple de l’université de l’Illinois), 5 (discussion, avec les cas de Grace et Shell) et 9 (dialogue).
- Communiquer ses idées clairement est une obligation pour quiconque souhaite maîtriser l’art de la conversation. Les chapitres 4 et 7 contiennent de nombreux conseils pratiques pour se perfectionner en la matière. Ils s’appuient en particulier sur les exemples détaillés d’HSBC-Bital et d’Orange.
- Corollaires indispensables d’une communication claire, l’empathie et la qualité d’écoute font l’objet des chapitres 10 et 11. Vous y trouverez en particulier des rappels utiles sur les techniques d’intelligence émotionnelle et d’écoute active.
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Par Sally Atkinson,
professeur
à Cranfield School of Management.
Dans le monceau de livres proposant des conseils sur le leadership, il est agréable de trouver un texte qui sort du lot tant d'un point de vue pratique que conceptuel. Trop souvent, on nous livre des récits d'excellence qui ne se traduisent pas en leçons transférables au manager préoccupé par ses problèmes quotidiens. De plus, alors que la recherche académique sur le leadership en entreprise offre de nombreux éclairages sur les "nouvelles" organisations, la plupart de ce qui nous est donné à lire sur les pratiques de leadership reflète des notions passées plutôt que futures de la vie des organisations. Leadership Unplugged tente véritablement de combler ce fossé. Comme on peut s'y attendre de la part de deux journalistes d'expérience, le style est accessible, bien documenté et ancré dans des exemples pratiques.
Pour ce qui est du contenu, les auteurs mettent l'accent sur la dimension conversationnelle du leadership, présentée comme la clé de voûte de la mise en œuvre de la stratégie. Cet angle, bien qu'il ne soit pas une révélation en lui-même, est intéressant car il permet de traduire la perspective sociologique de l'entreprise en enjeux concrets. De même, les auteurs tiennent compte de la dimension fondamentale qu'est l'action politique dans les entreprises, une facette de plus en plus reconnue comme légitime à la fois dans l'exercice du leadership et dans le cadre du changement organisationnel. De fait, il y aurait eu matière à explorer plus encore en profondeur les aspects politiques du leadership. Cela mène à une question plus vaste. Alors que l'angle essentiellement pratique des auteurs les a conduits à éviter tout jargon sociologique, traiter la notion émergente d'organisation en tant que construction sociale aurait donné plus de poids au livre sans pour autant détruire le style pragmatique. Un phénomène contemporain tel que le leadership à tous les niveaux, ainsi que la nature relationnelle des réseaux auraient ainsi pu être discutés à la lumière de l'angle conversationnel.
Le principal apport de ce livre réside ainsi dans sa tentative de traduire une approche sociologique du leadership en termes pratiques. Cette perspective pourrait être utilement complétée par une attention plus grande au contexte relationnel dans lequel la conversation a lieu. Tout comme les ouvrages sur la confiance ont reconnu que les phénomènes interpersonnels n'ont pas lieu dans le vide absolu, de même, les actions de persuasion ou les conversations ne peuvent pas être envisagées comme des interventions indépendantes. Les auteurs abordent ce sujet dans leur chapitre sur les relations et les contacts, mais ils n'explorent pas véritablement l'impact des différents types de relations sur les conversations. De plus, les publications sur la confiance ont établi que, pour les dirigeants en particulier, la relation perçue avec un individu peut être influencée de façon significative par des tiers, au travers des histoires et anecdotes racontées, ainsi que des rumeurs. Explorer l'angle relationnel apporterait par conséquent beaucoup aux suggestions des auteurs. Par exemple, il serait utile qu'ils expliquent quels types de réseaux relationnels construire pour pouvoir avoir des conversations efficaces. Ainsi, l'acceptation dépend-elle de relations personnelles bien choisies à partir desquelles des messages positifs irradieront au travers de l'effet réseau ? Ou bien les recommandations des auteurs suggèrent-elles en fait que le contexte relationnel et à l'intérieur de cela, la notion de confiance sont sans rapport ou si difficiles à atteindre qu'ils en deviennent impraticables ?
Enfin, les théories de Leadership Unplugged ont des implications sur le développement des talents. Si vous adoptez le modèle sociologique et politique du leadership, vous devez en tirer les conséquences dans ce domaine. Le développement du leadership ne devrait pas alors s'appuyer sur les seules traditionnelles études de cas et formations théoriques. Comprendre et gérer la dynamique sociale et politique, y compris les aspects souvent négligés du management des relations interpersonnelles, étayé par de solides analyses stratégiques et développements conceptuels, devient central au développement des compétences de leadership. Peut-être les auteurs développeront-ils ces sujets dans des ouvrages ultérieurs.
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