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Titre : The Story Factor
Auteur(s) : Annette Simmons Editeur : Perseus, 2001, 254 pages. Synthèse Manageris 101b. Savoir influencer les autres est une qualité indispensable à la réussite professionnelle. The Story Factor propose un outil original pour accroître son pouvoir d'influence : développer ses compétences de conteur d'histoires. L'auteur montre qu'une histoire est très souvent bien plus efficace que l'argumentation logique pour emporter la réelle et durable adhésion de ses interlocuteurs. Et nous livre, au fil du livre, de nombreux conseils pratiques sur la façon de rendre ses histoires plus percutantes. Thème principal [Persuasion] |
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[Présentation de louvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]
Ce court ouvrage est très différent de ce que l'on trouve habituellement dans la littérature du management. Le propos de l'auteur est de montrer comment une histoire est un outil d'influence bien plus efficace qu'une argumentation logique. Elle applique le principe à la lettre dans son livre. Plus qu'une réelle démonstration structurée de sa position, elle s'appuie sur de très nombreuses histoires pour nous faire sentir l'intérêt de savoir raconter des histoires. A nous de conclure si nous voulons appliquer ses conseils !
Au fil du livre, vous serez progressivement convaincu de la supériorité d'une histoire par rapport à un exposé de faits pour convaincre. Les chapitres 1 et 3 sont ceux qui contribueront le mieux à vous convaincre : ils rassemblent des exemples de situations où l'argumentation logique était inefficace et où une histoire a été influente. Le chapitre 7 complète le panorama en montrant comment une histoire peut être utile pour désamorcer l'opposition.
Les raisons pour lesquelles une histoire est plus influente sont analysées plus particulièrement dans les chapitres 2 et 5. Ils insistent sur le fait qu'une histoire permet de montrer la complexité des situations, alors que la logique de l'argumentation impose une simplification excessive qui rend ses conclusions peu crédibles. Ils montrent aussi qu'une histoire permet d'habiller la vérité. Et que, par son caractère mémorable, l'histoire est une façon de "programmer l'esprit" : ses conclusions resurgiront ultérieurement au moment opportun.
L'auteur propose aussi des techniques pour améliorer ses compétences de conteur d'histoire. Les chapitres 4 et 9 insistent notamment sur l'importance du non-verbal : ton, expressions du visage, mouvements de mains, posture, etc. remplacent avantageusement les mots pour faire passer une émotion. On peut aussi capter l'attention de son auditoire en agrémentant son histoire de nombreux détails qui la rendront d'autant plus "réelle".
Vous avez intérêt à préparer un éventail d'histoires que vous pourrez réutiliser dans diverses situations. Le chapitre 6 montre l'importance de choisir ses histoires en fonction de leur capacité de toucher le plus l'auditoire, qui doit pouvoir s'y projeter. Le chapitre 10 propose plusieurs pistes pour de constituer un répertoire d'histoires.
Enfin, le chapitre 8 développe la nécessité de savoir écouter une histoire. Savoir aider ses interlocuteurs à raconter leur histoire peut aussi s'avérer un outil d'influence.
[Présentation de louvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]
Par Patrice Stern,
Professeur de Management au groupe ESCP-EAP.
Le livre de A. Simmons The Story Factor traite de la communication persuasive dans un contexte particulier : lentreprise. Lauteur débute son exposé par ses motivations en tant que conteur et donne ainsi des indications importantes concernant lesprit général de son livre. Ces motivations concernent la capacité dinfluence et de persuasion à légard de managers et dautres décideurs dans le monde, parfois hostile, de lentreprise. Il ne faut pas hésiter à affirmer que le livre que nous propose A. Simmons sinscrit dans une logique dinfluence et de manipulation dautrui. Cependant, ce qui rend ce livre « socialement acceptable » et utile pour le manager actuel est le moyen choisi par lauteur pour mener à bien ce processus dinfluence : les contes.
A. Simmons nous invite à découvrir un nouveau mode de persuasion qui respecte autrui et prend en considération sa spécificité. Il sagit de raconter une histoire plutôt quun fait précis. La supériorité des histoires (riches et complexes) par rapport aux faits (reproductions subjectives dune réalité subjectivement perçue) est très bien exposée dans ce livre. Cette supériorité est résumée dans différents points et illustrée par de nombreux exemples et situations.
Sur le fond, il est important de noter la principale différence entre ces deux types de messages persuasifs. Les faits rationnels sinscrivent dans une communication linéaire où la personne qui désire influencer expose son unique interprétation de la réalité. Alors que les contes permettent au récepteur du message dinsérer sa propre interprétation de la réalité et lui laissent un sentiment de liberté dans le processus dinfluence.
Nous devons souligner linnovation quapporte cette approche de linfluence ou plutôt, de lappel à la coopération, au sein du management actuel. En effet, leffort dinsérer dans le monde de lentreprise, actuellement caractérisé par la compétition et les relations fondées sur le rapport de force, une approche de communication qui se fonde sur des rapports gagnant gagnant, est intéressant. Aligner les objectifs de lun au vécu et à la subjectivité de lautre est une idée porteuse.
Tout ceci est « beau » mais peut être également « dangereux » ! Beau parce quil sagit dun processus dinfluence non directif, plus noble, plus intelligent. Dangereux lorsque le conteur de lhistoire senivre du pouvoir de manipulation quil acquiert et quemporté par livresse de ses contes il ne maîtrise plus la force de sa manipulation.
Raconter une histoire peut effectivement être plus efficace que les simples faits rationnels. L'histoire permet de gagner du temps et de donner un peu plus de légèreté dans notre quotidien au sein de nos entreprises. Elle permet plus facilement aux récepteurs de nos messages de sortir de leur caverne, comme Platon lécrivait jadis, et de pouvoir regarder le monde extérieur dune façon multidimensionnelle, plus riche que leur propre ombre.
Lauteur nous semble fortement inspirée à la fois de lapproche rogerienne où lessentiel est dêtre en empathie avec autrui et du mouvement dit « de lintelligence émotionnelle ». Cette conception nous semble correspondre davantage aux habitants de pays capables dentonner leur hymne national la main sur le cur quà nos polytechniciens, énarques et autres technocrates que vous ne convaincrez jamais si vous ne faites pas appel à une rationalité pure et dure.
[Présentation de louvrage] [Commentaire critique] [Bibliographie]
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